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xavier raufer - Page 20

  • Eté rock’n roll à Taubiraland... (2)

    Vous pouvez découvrir ci-dessous la deuxième partie d'un point de vue de Xavier Raufer, cueilli dans Le Nouvel Économiste et qui dresse un état des lieux de la politique pénale désastreuse de Christiane Taubira et de ses conséquences.

    A lire :  Eté rock’n roll à Taubiraland... (1)

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    Eté rock’n roll à Taubiraland (2)

    Aux lubies idéologiques de la ministre dite “de la justice” et des anarchistes et Diafoirus-sociologues qui l’entourent, nous répondrons par des faits indéniables et de palpables réalités.
    Nous avons précédemment parlé de justice en perdition ; voici quelques preuves toutes récentes de cette tragédie nationale :

     

    – Septembre, Créteil : un dangereux braqueur marseillais de 23 ans “disparaît” de l’hôpital, où il était sous théorique surveillance judiciaire.

     

    – Fin août, Epinal : on juge un braqueur-cambrioleur héroïnomane : “Il n’avait pas un rond… il a braqué pour payer la nounou de ses deux petits…” Les juges gobent cet indécent bidonnage de la culture de l’excuse. Six mois “fermes” sans mandat de dépôt – encore un braqueur sorti du tribunal, les mains dans les poches.

     

    – Août, Marseille, prison des Baumettes : un détenu roue de coups et jette dans l’escalier un surveillant qui a les deux poignets brisés.

     

    – Août, dans un centre pénitentiaire de l’Isère : au parloir (donc dans la prison même) un voyou détenu lacère à coups de rasoir le visage de sa compagne, venue lui rendre visite.
    Et les bracelets électroniques, panacée de Mme Taubira ? Pour les magistrats et les services pénitentiaires concernés, “c’est la cacophonie” et les “anomalies en chaîne” de bracelets en panne ou constamment déconnectés. “Ca va mieux” raconte la chancellerie ; “Faux !” rétorquent les syndicats.

     

    Résultat de cet avortement judiciaire, les voyous triomphent ; comme déjà dit, en cas de danger, les prédateurs flairent fort bien qui domine ou qui est dominé. Or là, libres aussi bien que détenus, ils paradent car instruits par leurs avocats, ou eux-mêmes assurés, que la ministre ne leur veut pas de mal :

     

    – Fin août, trois racailles “connues des services de police” brisent la mâchoire d’un ado de 16 ans, repéré comme “fils de flic”. Au passage, dans tous les rapports et articles ici évoqués, revient sans cesse la phrase “connu des services de polices”, preuve que la plupart de ces infractions sont le fait de récidivistes. Or que font en liberté ces bandits ? Et à quoi ont servi les milliards dépensés en “réinsertions” largement fictives ?

     

    – Août, dans le Gard, on interpelle un braqueur de 14 ans, auteur de plusieurs vols à main armée d’automobilistes ; comme un grand, avec cagoule et fusil à pompe. Mineur donc intouchable, bien sûr.

     

    En prison, les voyous ont eux aussi compris qui dominait :

     

    – Fin août, Najim est jugé dans le Nord pour deux gros braquages : “Dans le box, il ergote, sans un regard pour sa victime au visage tuméfié. Il s’agace des questions des juges, balaie la salle du regard puis lève les yeux au ciel.”

     

    – Septembre, Toulouse. On juge aux assises Salah, Aboukary & co. Lors d’un énième braquage, ils ont tiré à l’arme de guerre sur des gendarmes. Or ces criminels “refusent de reprendre les débats parce qu’ils n’ont pu prendre leur petit déjeuner et leur douche”. Le même après-midi, ils protestent encore car “le déjeuner n’était pas assez bon” à leur goût.

     

    Pendant que Najim, Aboukary et Salah font ainsi les malins et provoquent sans risque la justice, l’anarchie gagne la France :

     

    – Marseille : de janvier à août 2014, les tueries entre bandits affichent + 26 %, par rapport aux mêmes huit mois de la déjà tragique année 1013.

     

    – Les cambriolages devaient diminuer ? La mairie d’Orléans signale que, sur l’été 2013, les plaintes pour cambriolage augmentent de 18 % en 2014, de 107 à 127.

     

    – En août, le président des buralistes s’affole : “ Il ne se passe pas de jour sans qu’on nous rapporte des braquages de plus en plus violents.”

     

    – A Sablé dans la (naguère paisible) Sarthe, les commerçants dénoncent les braquages, vols et agressions “à longueur de temps”.

     

    – A la périphérie de Lyon et de Marseille, les gendarmes alertent : “Les braquages à domicile sont toujours plus fréquents.” Une jolie maison, des commerçants ou libéraux aisés : une famille est brutalisée, voire torturée et pillée par des voyous. Plusieurs de ces cas effrayants sont advenus durant l’été 2014.

     

    Pire encore, ces multiples signes annonçant d’évidence que, si ce désordre s’amplifie, la sécurité de la France risque de s’effondrer au niveau du Brésil :

     

    – Paris, début septembre : le préfet de police veut intervenir au bas de la butte Montmartre, où des voyous pillent les touristes : le préfet comme son entourage sont chassés sous une grêle de coups.

     

    – Ce même mois, le zoo de Vincennes se fait braquer !

     

    – Fin août à Paris, une nonagénaire est violemment jetée à terre par deux racailles qui lui volent son sac ; elle meurt ensuite. Peu auparavant, d’autres bandits dépouillent une dame aveugle de 66 ans, en menaçant de tuer le chien qui lui sert de guide.

     

    – A Argenteuil un originaire des Caraïbes, sous l’emprise de l’héroïne, décapite – façon mexicaine – son colocataire.

     

    – A Lille, au moins une prostituée de 12 ans tapine au vu de tous – bien sûr, des proxénètes s’engraissent sur cette chair fraîche. Seul commentaire des impuissants chargés de l’ordre local, “c’est un cas très sensible”.

     

     

    Toute cette affreuse litanie a pour origine le présent avortement judiciaire, et lui seul. Régnant sur ce chaos, une ministre intouchable, car icône d’une presse-des-milliardaires qui épouvante un président pusillanime et déconsidéré. Le ministre de l’Intérieur, les policiers et gendarmes n’ont donc qu’à subir le tsunami criminel, face à des bandits délirants d’impunité.

     

    Cette situation toujours plus périlleuse, tous la perçoivent désormais. Même les marabouts africains ! Ainsi, le Grand Maître Médium Behanzin, “Vénérable Suprême Guide et Grand Prêtre vaudou” empli de l’immémoriale sagesse africaine. Hier encore, ses “Techniques magiques et Mystiques occultes” supprimaient les “règles douloureuses”, les “affectations non désirées”, les “envoûtements” et les “enfants morts-nés”. Or voilà que fort opportunément, le Grand Maître Médium Behanzin vient d’ajouter une nouvelle sorcellerie à sa panoplie : elle protège “contre les vols et les braquages”.

    Xavier Raufer (Le Nouvel Économiste, 3 octobre 2014)

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  • Eté rock’n roll à Taubiraland... (1)

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli dans Le Nouvel Économiste et consacré à la politique pénale désastreuse de Christiane Taubira et à ses conséquences...

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    Eté rock’n roll à Taubiraland (1)

    La sagesse populaire dit : “Quand le chat n’est pas là, les souris dansent.” Et ainsi, quand défaille la justice d’un Etat de droit – ou de même, quand les bandits flairent son impuissance – les crimes et délits explosent. Car le milieu criminel est forcément darwinien : seuls y survivent les mieux adaptés, les opportunistes, les réactifs. Partant de ces basiques considérations, l’étude qui suit montrera cette semaine :

    - Pourquoi les malfaiteurs pensent (hélas, à juste titre) n’avoir plus à craindre la justice,

    - Et plus tard, conséquence de ce grisant sentiment d’impunité : l’explosion criminelle.

    Que ressent en effet un bandit quand, mois après mois, les médias lui apprennent ce qui suit ? :

    - “Un détenu s’évade de la prison de Villepinte” (caché dans un camion de livraison),

    - “Prisons : les gardiens inquiets des parachutages d’alcool, d’armes, de drogue et de viande” (les syndicats parlent d’une “pluie d’objets”, de “projections de dizaines de colis à chaque promenade” ; ce phénomène “affectant 90% des établissements”.

    - “Arrêté avec 30 kilos de cannabis dans son coffre, il repart libre sans poursuites judiciaires”,

    – “Il commet deux braquages en une semaine et n’écope que du sursis”,

    - “Un caïd de la drogue libéré par un commando armé” (un “multirécidiviste condamné pour trafic de stupéfiants en bande organisée”),

    - “Suspect libéré : la mère de la victime manifeste” (un adolescent poignardé à mort sans raison et l’inculpé élargi car “la justice a laissé passer une date”). A cette occasion, le suicidaire PS toulousain innove dans l’infâme en dénonçant “la délectation morbide avec laquelle l’opposition s’empare d’un fait divers”.

    - “Jugé pour coups mortels, il repart avec une amende” (tueur déjà condamné pour violences à dix reprises),

    - “Perpignan : un dealer libéré à cause d’un problème de fax” (l’intéressé est écroué pour “tentative d’assassinat”),

    - “Le mineur-braqueur a été relâché sous contrôle judiciaire” (famille “notoirement connue des gendarmes”… mineur au lourd passé judiciaire, auteur d’un braquage avec arme… père détenu pour homicide),

    - “Un détenu libéré après un cafouillage administratif en Seine-Saint-Denis” (multirécidiviste… défaut de coordination, de communication…bla-bla…),

    - “Colère policière après la remise en liberté du meurtrier présumé” (braquage violent… individu déjà connu pour faits analogues…),

    - “Viol collectif : relaxe générale à Angoulême” (cinq crapules, pour “relations sexuelles non consenties avec une jeune handicapée”)

    - “Paris : relâché, l’étrangleur de Belleville vient d’être arrêté pour vol” (multirécidiviste, 4 viols ou tentatives… sans domicile fixe… libéré après ses précédents crimes). Un syndicat policier dénonce “l’esprit des lois Taubira”.

    Que de tels criminels – et assurément, une foule d’autres – soient dans les rues, libres de tuer et de violer à leur guise, est d’autant plus inquiétant qu’en France, il y aurait aujourd’hui 170 000 de ces “détentions en milieu ouvert” (au passage, admirons l’euphémisme).

    Poursuivons : que proposent les justiciers-Taubira comme substitut à la prison ? Leur seule idée est le “placement sous surveillance électronique”, à l’aide d’un bracelet que le “détenu” porte à la cheville.

    Mesure efficace ? Idiote invention de la “culture de l’excuse”, ses sociologues de salon et idéologues gauchistes ? Voyons plutôt :

    - “Nancy : le violeur récidiviste arrache son bracelet et s’enfuit” – “Violeur récidiviste en fuite : les victimes dénoncent les failles du bracelet” (multirécidiviste… quatre viols connus “avec usage ou menace d’une arme”… “considéré comme dangereux… profil pédophile”…),

    - “Paris : 16 braquages malgré son bracelet électronique” (multirécidiviste déjà condamné… libéré sous bracelet),

    Mais vivons-nous sous cloche ? Non bien sûr : voyons ailleurs dans le monde si le fameux bracelet électronique fonctionne si bien que ça :

    Californie, printemps 2014 : un tandem de tueurs en série arrache ses bracelets puis viole et assassine quatre jeunes femmes (20, 21, 28 et 34 ans). On recherche leur cinquième victime. Le très progressiste California Department of Corrections avoue alors qu’un bracelet électronique “n’empêche pas de commettre un crime ; ne voit pas si deux complices sont ensemble ; ni s’ils guettent une proie à proximité d’une école”.

    Quelques mois auparavant, au Colorado, un tueur arrache son bracelet puis assassine un travailleur social et un livreur de pizzas. Au même moment, un pédophile de l’Etat de New York arrache son bracelet puis viole une fillette de dix ans et assassine sa mère.

    Dans la droite ligne du PS de Toulouse, la garde des Sceaux, sa cour et ses thuriféraires n’ont qu’une réponse : ce ne sont là que négligeables “faits divers”, qui doivent s’effacer devant l’Idéal d’une humanité pacifiée et fraternelle admirant, enlacée, le touchant spectacle du loup et de l’agneau buvant à la même source.

    Rousseau et l’abbé Pierre réunis ! Devant deux telles icônes, la sécurité des Français réels, dans la vraie vie, importe peu.

    Marie-Antoinette disait, paraît-il, “qu’ils mangent de la brioche !”.

    D’autre part, la ministre et sa secte sont occupés à défendre “le conseiller privé de Taubira pris en flagrant délit de mélange des genres”. Pourquoi en effet réserver le laxisme aux seuls assassins et violeurs récidivistes ? Pourquoi ne pas élargir le concept au “conseiller spécial” de la ministre, qu’un policier conduisait aux palais de justice pour y plaider ses dossiers privés d’avocat, dans une voiture de fonction (avec gyrophare) du cabinet du ministre de la Justice ? On le voit : “Déni de réalité ou sentiment d’impunité” ne sont pas l’apanage des seuls bandits.

    Bien sûr, l’effarant étalage de ce qui précède produit, sur les malfaiteurs et le demi-monde criminel, avocats marron, recéleurs et ripoux divers, l’effet d’une puissante hormone de croissance. Dans le Taubiraland, les bandits ont ainsi table ouverte. La seconde partie de ce texte nous montrera à quel point.

    Xavier Raufer (Le Nouvel Économiste, 8 septembre 2014)

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  • « Politique de la ville » : la spirale criminelle...

    Nous reproduisons ci-dessous les deux parties d'un article de Xavier Raufer, cueilli dans Le Nouvel Economiste et consacré à l'échec de la « politique de la ville » menée depuis 40 ans...

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    « Politique de la ville » : la spirale criminelle

    Toujours plus, le cancer aimablement nommé “politique de la ville” ronge la vie politique française, d’abord au niveau municipal, mais aussi désormais, à ceux du département et de la région.
    Houla ! “cancer”… “crime organisé”… Serait-on ici dans la polémique, dans l’outrance ? Nullement – il suffit de lire Le Monde de ce 12 juin pour réaliser la virulence criminelle et criminogène d’une “politique de la ville” corrompant notre pays depuis trois décennies.

    Nous voici à la cour d’appel de Marseille, où l’on juge une élue au conseil régional pour détournements de fonds publics. Citons Le Monde : “Entre 2005 et 2008, un total de 716 000 euros a ainsi été ‘flambé’ par les deux principaux bénéficiaires de la fraude”, notamment “un caïd plusieurs fois condamné”. Mme Zerbib, la présidente de la cour, s’indigne – lisons-la bien : “C’est quoi la politique de la ville ? C’est des charrettes de billets qu’on déverse dans les quartiers et on se sert ?”

    Médiapart – de gauche, lui aussi – parle, ce 7 juin, de “procès de voyous”. Il nous présente “le relais de Mme Andrieux, son fer de lance dans la campagne de 2007”, Abrerrazak Z, “condamné à quatre ans de prison dans un dossier de trafic international de cannabis”. Un nervi multicarte ayant tout compris de la politique de la ville, car à la fois membre de l’UMP et du PS. Ce chef d’une bande de voyous “connus de la justice pour violences volontaires, tentatives de meurtres, séquestration ou escroquerie” (Libération, 11/03/2013) “assurait la sécurité des élections” – et comment. L’un de ses sbires, Boumediène B., menace ainsi un récalcitrant au racket politico-criminel : “Tu veux faire le mariolle, je vais m’occuper de ton cas, tu vas morfler.”

    Après chaque homicide ou presque, un élu local bêle à la télévision que “Marseille n’est pas Chicago”, mais à entendre Abderazak et Boumediène, on éprouve un sérieux doute…

    Doute encore aggravé quand la Chambre régionale des comptes de Provence – Alpes – Côte d’Azur nous apprend que le conseil général des Bouches- du-Rhône avait attribué plusieurs marchés à des sociétés (comme Alba-Sécurité) proches du truand Bernard Barresi, fiché au grand banditisme.

    Une nouveauté à Marseille, cette corruption criminelle de la politique de la ville ? Pas vraiment, car voici comment se défend M. Michel Vauzelle, président socialiste du conseil régional de Paca (Libération, 14/03/13) : “Les procédures viciées étaient déjà en place lorsqu’il est devenu président en 1998” – donc 15 ans minimum que ça dure…

    Rappelons ici que, selon la Cour des comptes et de 2000 à 2005, cette politique de la ville a coûté, tous financements confondus, Union européenne, Etat, collectivités locales, la somme pharaonique de 34 milliards d’euros. Et sans doute autant depuis.

    Mais dans les cités hors contrôle, sur les territoires la “politique de la ville”, siphonner le pactole de la “politique de la ville” est-il la seule ressource illicite ? Non : publié en décembre 2013, un rapport sur l’ “Impact des nouveaux dispositifs sur la population des cités sensibles marseillaises” dépeint les trafics de stupéfiants dans les quartiers Nord de la ville. Il constate que “les centaines de milliers d’euros de bénéfices tirés [chaque mois] du trafic [de stupéfiants] prennent probablement une part dans l’économie locale”.

    Voilà donc l’indéniable preuve que la politique de la ville, créée vers la fin de la décennie 1970 pour insérer les “quartiers chauds” dans le droit commun et y faire émerger des élites policées, a abouti à l’exact inverse : concentrer dans ces quartiers d’énormes trafics illicites, contrôlés par des gangs “tenant” par ailleurs des politiciens complices ou épouvantés.
    Cela, même les actuels politiciens socialistes ne tentent plus de le nier : le précédent ministre de la Ville, M. Lamy, veut “rompre avec trente ans d’échecs de la politique de la Ville” et l’actuelle titulaire du poste, Mme Vallaud-Belkacem, parle des politiques de naguère comme d’un “empilement de dispositifs formant un millefeuille aussi illisible que souvent incohérent”.
    Même désormais, de grands prêtres de la culture de l’excuse comme les sociologues Didier Lapeyronnie et Michel Kokoreff en viennent à dénoncer (Le Nouvel Observateur, 10/01/13) “la montée des violences des bandes en lien avec des trafics de drogue”.

    Jusqu’au Monde, impavide soutien de la “politique de la ville” trente ans durant, contraint de lâcher (7/06/13), dans un article intitulé “Cités mortelles : la mort violente frappe plus en banlieue qu’ailleurs”. Et le 7 février 2014 encore, à propos du quartier hors contrôle du Mirail, à Toulouse : “Les voyous se sont structurés en équipes de malfaiteurs… Le trafic de drogue s’est aggravé de manière quasi exponentielle ces dernières années… la présence des trafiquants pèse de plus en plus.”

    Tout cela, notons-le, prévu, décrit et publié par les criminologues sérieux depuis à peu près vingt ans.

    Avouer tardivement ne suffit cependant pas. Il faut autopsier cette “politique de la ville” car la corruption criminelle des cités et quartiers “sensibles” n’est ni récente, ni bien sûr cantonnée à la seule ville de Marseille.

    Dès 1999, un rapport de l’instance régionale (Ile-de-France) d’évaluation de la politique de la ville s’alarme de “l’apparition des vols à main armée” et de la “présence de bandes bien visibles dans les espaces collectifs privés”.

    Mais en la matière, l’omerta joue vite et ce rapport est enterré. Le lobby pro-politique de la ville fait tout aussi vite disparaître le rapport (2005) d’un “Observatoire national des faits d’insécurité dans l’habitat social”, suscité par la puissante Union sociale pour l’habitat, qui regroupe quelque 800 organismes HLM (4 millions de logements, 76 000 salariés). Occultation encore et toujours (2007) du rapport de “l’Observatoire de l’activité commerciale dans les quartiers sensibles”.

    La criminalisation des cités et quartiers ? Le pillage des commerces par des bandes organisées ? La classe politique et les médias font, pour l’essentiel, silence. Balayons la poussière sous le tapis, édulcorons tout cela sous le nom de “faits divers” – le cauchemar se dissipera bien tout seul.

    Mais ce cauchemar ne peut cesser si le diagnostic est faux et si journalistes et politiciens continuent d’occulter le fait massif qu’une ville, c’est d’abord ceux qui y vivent – ce qui est ici en cause étant la désastreuse politique d’immigration conduite un demi-siècle durant :

    - Le rapport précité sur les cités marseillaises souligne que “la majeure partie de la population a une origine du Maghreb, d’Afrique subsaharienne ou des Comores”.

    - Le Monde (26/10/09) : “Il pourrait y avoir de 100 000 à 300 000 migrants clandestins en Seine-Saint-Denis.”

    - En avril 2011, le Haut Conseil à l’intégration (conduit par un ex-président de la Licra) souligne que dans les “Zones urbaines sensibles” d’Ile-de- France, 64% de la population entre 18 et 50 ans est issue de l’immigration. Dans son rapport au Premier ministre (12/04/2011) “La France sait-elle encore intégrer ses immigrés”, le HCI ajoute par ailleurs que “la politique de la ville est née des concentrations d’immigrés jugées excessives et plus particulièrement des désordres qui leur sont associés” [nous soulignons]. Et le fort progressiste Jacques Donzelot (Quand la ville se défait, Le Seuil, 2006) renchérit : “La politique de la ville fut le nom donné à une politique d’intégration des immigrés qui n’osait pas dire son nom” : la cause est entendue.

    Or bien sûr, nier au XXIe siècle les séquelles criminelles du problème migratoire ne règle pas plus le problème qu’en 1850, le fait d’occulter les amours ancillaires (Friedrich Engels et sa femme de chambre irlandaise…) ne faisait disparaître l’exploitation de classe.

    L’essentiel étant nié, les choses s’aggravent ensuite fatalement. Si bien que les grands médias d’information, ne pouvant pas tout camoufler, mais idéologiquement tenus d’édulcorer, ont dû concevoir un rituel annuel, qui se déroule comme suit :

    - Grande séance de lamentations, d’usage en novembre quand paraissent divers rapports, tous pires les uns que les autres, sur le chômage dans les banlieues et autres drames périurbains. Que d’affreuses nouvelles ! Pire encore que l’an passé ! Les quartiers à feu et à sang ! Des bandits partout ! Le Monde est affligé, Libération, en ébullition.

    Ici, le modèle est celui des congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, évoquant la politique agricole : c’est la phase “camarades, ne cachons pas les dysfonctionnements de la société socialiste”.

    - La messe dite, les médias tournent la page et tout continue comme avant : le budget de la politique de la ville est reconduit – voire augmenté. Les milliards coulent à flot. L’agriculture soviétique est tragiquement inefficace ? Planifions-la plus encore et tout ira bien.

    Mais survient un désastre banlieusard majeur, entraînant l’émotion populaire. La classe politique se doit alors d’agir – ou de simuler. Le stratagème est alors de “rebattre les cartes”.

    M. Lamy et 2012, Mme Vallaud-Belkacem en 2014, “rebattent les cartes”. Mais – tout joueur de belote le sait – les cartes qu’on rebat sont toujours les mêmes : en l’occurrence et à perpétuité, celles des plans Bonnemaison-Dubedout, jamais repensés depuis la décennie 1980.

    On est ici dans un gâtisme administratif chimiquement pur – pathologie mentale ainsi définie : accomplir toujours un identique geste, dans l’espoir qu’à chaque fois, il produise un effet différent.

    De là, l’incohérence gagne toute l’administration périurbaine : on apprend ainsi en juin 2014 que dans les banlieues “la carte d’implantation des agences de Pôle-Emploi est sans rapport avec celle du chômage”. Et que les emplois d’avenir (explicitement prévus pour les jeunes des ZUS) “sont pour l’instant affectés à plus de 80 % à des jeunes hors de ces zones”.

    Ce toxique mélange de militantisme paléo-gauchiste, d’incompétence grossière et de corruption grimée en moralisme peut-il perdurer ? Il ne semble pas. Car voici comment le géographe Christophe Guilluy dépeint la France des espaces périurbains, ruraux ou industriels, des villes petites ou moyennes. Là vivent les nouvelles classes populaires, employés, ouvriers, retraités – 60 % de la population, quand même. La France qui boucle ses fin de mois à 50 euros près. Les bobos des centres-villes peuvent tant et plus ériger une barrière symbolique entre eux-mêmes et les “autres” – la France périurbaine, désarmée et exposée, est absolument privée de cette capacité.

    Là est la vraie fracture française.

    Là réside le péril – et en même temps l’espoir, comme le souligne le prophétique vers de Friedrich Hölderlin (Patmos) : “Mais où est le danger, croît aussi ce qui sauve.”

    Ce vers, méditons-le.

    Xavier Raufer (Le Nouvel Economiste, 19 juin et 16 juillet 2014)

     

    Annexe : Quelques repères sur la « politique de la ville »

    • Un monstre gouvernemental

    Le ministère de la Ville est créé en 1991 sous Mitterrand ; de là à 2014, ont défilé 3 ministres en charge de la Ville, 7 ministres notamment chargés de cette politique, 6 ministres délégués, 4 secrétaires d’Etat. Parmi ceux-ci : Michel Delevoye, Bernard Tapie, Simone Veil, Eric Raoult, Xavier Emmanuelli, Claude Bartolone, Jean-Louis Borloo, Fadela Amara, etc.

    • Les étapes du désastre

    1977 – (Giscard d’Estaing) Plan “Habitat et vie sociale”
    1981-83 – (Mitterrand) Plan “Développement social des quartiers” et “plan banlieue 89”
    1991 – (Rocard) Loi d’orientation pour la ville
    1996 – (Chirac) Pacte de relance pour la ville (“Plan Marshall 1”)
    1999-2001 – (Jospin) Rénovation urbaine et solidarité
    2003 – (Borloo) Loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine
    2008 – (Sarkozy) Espoir Banlieue (“Plan Marshall 2”)
    2013 – Plan Hollande Ayrault (“absence d’objectifs chiffrés”)
    2014 – Plan Vallaud-Belkacem – pour la dixième fois, la mouche fonce sur la vitre, persuadée que, cette fois-ci, elle passera à travers…

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  • “Le Monde constitue une informelle et invisible Pravda” ...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur le site du Nouvel Economiste et consacré au déni du réel pratiqué par les médias, et en particulier le quotidien Le Monde, en matière d'insécurité.

     

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    Médias et sécurité : “frapper le chien tombé à l’eau” ?

    L’heure paraît venue de critiquer le journal Le Monde, pour le déni qu’il manifeste face aux graves problèmes de criminalité, et pour l’opprobre moralisant dont il couvre des problèmes de sécurité.

     

    “Frapper le chien tombé à l’eau” – les Français diraient : achever l’homme tombé à terre – est l’un de ces dictons populaires chinois dont Mao parsemait ses discours et écrits. Nous le reprenons car, on le verra, le maoïsme, ses horreurs et thuriféraires, jouent un rôle dans ce qui nous occupe aujourd’hui : le rôle néfaste des médias d’information, à commencer par le premier d’entre eux, Le Monde, dans les affaires de sécurité.

     

    Car qu’ils émanent du public ou du privé, les professionnels de ce secteur vous le disent volontiers. Quand ils exposent les dangers du monde réel aux commerçants, industriels, financiers de tout type, et préconisent des mesures de sécurité à adopter d’urgence et respecter ensuite, c’est l’incrédulité ; parfois même après divers braquages, cambriolages, etc.

     

    Pourquoi ? Parce que ces entrepreneurs n’ont rien lu de la sorte dans le journal ; rien entendu ou vu, qui le confirme à la radio ou à la télé. Or quiconque est familier des médias le sait bien : pour le reste de la presse écrite ou audiovisuelle, Le Monde constitue une informelle et invisible Pravda ; ce quotidien donne “la ligne du parti” de la médiasphère, ligne qu’ensuite tous suivent peu ou prou, d’abord dans le domaine sociétal.

     

    L’heure nous paraît donc venue de critiquer ce quotidien, pour le déni qu’il manifeste face aux graves problèmes de criminalité, et pour l’opprobre moralisant dont il couvre des problèmes de sécurité.

     

    Le Monde est-il qualifié pour asséner des leçons de morale politique, à tout bout de champ et à tout un chacun ? D’où vient ce quotidien et où en est-il aujourd’hui ? Enfin, quel est le destin de la croisade anti-extrémiste dans laquelle il s’est clairement lancé à corps perdu ? C’est ce que nous analysons ci-après.

     

    • Leçons de morale – Le Monde, qui s’autorise à qualifier d’extrême quiconque lui déplaît, s’est naguère rendu coupable d’une flagrante apologie de génocide, dont il ne s’est jamais ensuite repenti. Ce génocide est celui des Khmers rouges, dont le projet criminel – au sens de crime contre l’humanité – fut d’abord applaudi, puis couvert, par Le Monde.

     

    Rappel : c’était en 1975, c’est-à-dire, en termes historiques, hier encore. Le 16 avril 1975, Le Monde fait la propagande des Khmers rouges : “Une société nouvelle sera créée, elle sera débarrassée de toutes les tares qui empêchent un rapide épanouissement : suppression des mœurs dépravantes, de la corruption, des trafics de toutes sortes, des contrebandes, des moyens d’exploitation inhumaine du peuple… Le Cambodge sera démocratique, toutes les libertés seront respectées, le bouddhisme restera religion d’État, l’économie sera indépendante”.

     

    Le 17 avril 1975, voici ce qu’écrit Le Monde (Phnom Penh) : “La ville est libérée… L’enthousiasme populaire est évident”. [Le carnage commence la nuit même de cette “libération”].

     

    Le 18 juillet 1975 enfin – pire encore –, la propagande continue. [Rappel : à cette date, les premiers massacres des Khmers rouges sont connus en Europe, le pays n’est plus qu’un sanglant Goulag] : “Ce peuple est à l’ouvrage, jour et nuit… Tout le monde vit de la même façon, transporte, pioche, reconstruit, repique, ensemence, récolte, irrigue, depuis les enfants jusqu’aux vieillards. L’allégresse révolutionnaire a, paraît-il, transformé le paysage urbain… Une société nouvelle est assurément en gestation dans le royaume révolutionnaire”. Or qui a écrit cela, et n’a jamais expié, est-il vraiment qualifié pour servir de docteur de morale ?

     

    • Décence éditoriale – Presque quarante ans ont passé. Du maoïsme tout court, nous en sommes à ce que le grand Jaron Lanier (dont tous devraient avoir médité le superbe Who owns the future) qualifie de “maoïsme digital”.

     

    Le Monde est désormais la propriété d’un trio de milliardaires où culmine M. Xavier Niel, libertaire titan de l’économie digitale. Là encore, est-il normal, est-il honnête, que ce quotidien accable son propriétaire d’hommages dignes de la propagande maoïste, boursouflés au point qu’à l’époque, ils auraient pu fait rougir Joseph Staline (“Petit père des peuples”) ou Nicolae Ceausescu (“Danube de la pensée”…).

     

    Citations (Le Monde, 2 mai 2014). M. Niel, sur deux pleines pages : “Il est au centre… patron qui n’en a pas l’air… capacité hors normes à gagner de l’argent… autodidacte surdoué… une mémoire des chiffres hors du commun… capacité à être au courant de tout… talent de fiscaliste qui impressionne… vision planétaire de l’information… absence de peur face au risque… patron populaire et inclassable…” on en passe. Un publi-reportage dans lequel, notons-le, de supposées critiques constituent en fait de sournoises et subliminales menaces.

     

    Et le pire, qui atteste d’une soumission à l’ordre totalitaire : “Au Monde, il n’a jamais été pris en défaut sur le respect de l’indépendance de la rédaction”. Et ce alors qu’en privé, des journalistes du quotidien parlent de micro-management et d’ambiance de terreur. Tel est donc l’organe de presse qui, plutôt qu’informer, a – pour l’instant – cédé à la tentation d’aveugler et de se soumettre.

     

    • Croisade contre l’extrémisme – Quel est l’avenir du Monde dans le grand Meccano en construction du journalisme digital ? Difficile à dire, mais au moins, une hypothèse d’ordre politique. Le destin de ce qui fut le “grand quotidien d’information” est sans doute d’ordre œdipien.

     

    Expliquons-nous, en nous inspirant de Sigmund Freud. On sait que, voulant conjurer le réel annoncé par les dieux, Œdipe accomplit le geste fatal même qui précipite la malédiction. Faisant précisément ce qu’il ne fallait pas faire, le héros tragique réalise ainsi ce qu’il voulait à tout prix éviter. Tel est peut-être le sort de la croisade anti-extrémisme du Monde. Par son déni du réel criminel et son arrogant mépris envers le peuple, ce quotidien aggrave sans doute – involontairement, Ô combien ! – le phénomène même qu’il hait et veut combattre.

     

    Xavier Raufer (Le Nouvel Economiste, 21 mai 2014)

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  • Le fiasco de la "politique de la ville"...

    Vous pouvez découvrir ci-dessous un point de vue de Xavier Raufer, cueilli sur le site du Nouvel Economiste et consacré à l'échec patent de la politique de la ville.

     

    Politique de la ville.jpg

    Cataclysme aux municipales : la raison méconnue

     

    Ignorée par la gauche, négligée par les libéraux, mal mesurée par la droite nationale, l’origine profonde du séisme est la “politique de la ville”

     

    La société humaine est toujours plus complexe ; tout problème grave y forme désormais un inextricable écheveau de causes et conséquences, de tenants et aboutissants. Il est donc rafraîchissant de pouvoir analyser simplement le résultat des dernières élections municipales et l’origine de la débâcle socialiste ; d’accéder sans peine à une lumineuse explication.

     

    Car au-delà du superficiel et du brouhaha médiatique, une cause décisive explique à la fois le dégoût d’une part de l’électorat et la fureur de l’autre ; la percée de la droite nationale et la déroute de l’ “antifascisme” onirique. En toile de fond, ignorée par la gauche, négligée par les libéraux, mal mesurée par la droite nationale, l’origine profonde du séisme est la “politique de la ville”.

     

    Ni cette désastreuse, ruineuse et interminable (1977-2014) “politique”, ni l’aveuglement des politiques, ni les alertes de l’auteur ne sont nouveaux ; mais désormais les dégâts sont si vastes, le gouffre financier si profond – et si cruelle la détresse des victimes de cette “politique” -, qu’on doit à nouveau remonter à ses origines, exposer ses folies et son tragique échec, sur fond de ghettos et de prolifération des gangs.

     

    [Par souci d’objectivité, l’auteur ne cite ici que des médias favorables en principe à la politique de la ville.]

     

    -“Politique de la ville”, son objectif autoproclamé : Dès l’origine (1977), il est clair : “éviter le décrochage social… corriger les inégalités… fournir un cadre permettant de résorber la misère” ; loi Borloo, août 2003 : “Réduction progressive des écarts constatés avec les autres villes et quartiers, retour au droit commun.”

     

    Or c’est tout l’inverse. Pour Libération (22/07/2013), on rejoue aujourd’hui “le même mauvais film que celui des Minguettes, il y a plus de trente ans”. Documentation française, rapport, décembre 2012 : “La plupart, sinon tous les quartiers qui furent l’objet des premières interventions de la politique de la ville, à la fin des années 70, sont encore prioritaires en 2012.” Dans ces quartiers dits “populaires” (comme l’Allemagne de l’Est était une démocratie “populaire”…) cette politique “n’a pas empêché la ghettoïsation progressive… la répétition des émeutes et la montée des violences des bandes en lien avec les trafics de drogues” (Nouvel Obs’, 10/01/13). Et sur les territoires subissant cette “politique”, les disparités s’accroissent toujours : 45 % de pauvres à Roubaix aujourd’hui – mais 7 % seulement à Versailles… (L’Express, 28/01/14).

     

    - L’origine du drame : après 1968, un malfaisant urbanisme gauchiste – avoué du bout des lèvres par des journalistes eux-mêmes de gauche : “le temps des grandes espérances”… un “pari de mixité sociale et de nouveautés urbaines”… (Le Monde, 19/02/2013 et 7/2/2014). Trente ans plus tard, voilà sur quoi débouche la “douce utopie” : “Les populations gauloises ont déserté”… “Des quartiers où ne vit plus aucun Blanc” (Le Monde, 27/10/2010).

     

    - Le stalinisme à visage urbain : pendant trente ans, tous nient un échec pourtant patent dès la décennie 1990 : sur le ton d’Aragon à Tcheliabinsk (1931) on parle de “plus grand chantier du siècle” et, à l’instar du Gosplan soviétique, on regrette du bout des lèvres le “caractère mitigé” du bilan de la politique de la ville, ses “résultats nuancés”.

     

    - Que fait, que coûte, la “politique de la ville” ? Mystère. Un rapport après l’autre en dénonce la parfaite opacité : “Les députés ont tenté, en vain, de mesurer l’effort des différentes administrations dans les zones urbaines sensibles” (Le Monde, 16/10/2010)… “Il reste difficile aujourd’hui d’identifier les mécanismes sous-jacents producteurs d’inégalités, de discrimination et d’exclusion… Il faut encore construire ou parfaire les outils de l’observation… absence de données permettant d’objectiver la mobilité sociale…” (Documentation française, op. cit.). “Gestion chaotique… Il n’existe aucun outil permettant de chiffrer, donc de vérifier, les efforts des administrations envers les quartiers en difficulté” (Cour des comptes, juillet 2012).

     

    Résultat, ce terrible aveu de la députée communiste Marie-George Buffet (Seine-Saint-Denis) : “Cela fait trente ans que le ministère de la Ville existe, ces hommes et femmes n’ont pas vu changer leur vie… Nous avons des cités qui deviennent des ghettos.” (Le Monde, 11/03/2012). Le Monde, encore du 7/02/2014, sur la cité du Mirail, à Toulouse : “Ghettoïsation d’une population issue de l’immigration maghrébine, désarroi social, chômage des jeunes, précarité, pauvreté, violence et trafics en tout genre”… “On meurt dans les cités sensibles plus que partout ailleurs en France.” (Le Monde, 7/06/2013).

     

    Pire encore, si possible : depuis trente ans, par milliards d’euros, la “politique de la ville” a multiplié des programmes de rénovation urbaine… dont au détour d’une phrase, on découvre aujourd’hui qu’ils n’ont servi à rien ! Le Monde, 19/12/2013, citant l’Observatoire national des zones sensibles : “72 % des ménages interrogés estiment que [ces travaux de rénovation urbaine] n’ont pas changé leur quotidien.”

     

    Face à ce terrifiant aveu, face à trente ans de massives souffrances, face à ces milliards dont nul ne peut expliquer l’usage, les ténors politiques sont dans le déni. Pour l’élection présidentielle de 2012, Les Echos (5/03/2012) signalent que “la thématique des banlieues en souffrance brille aujourd’hui par son absence dans les discours de campagne et les programmes des candidats”.

     

    Ainsi, depuis trente ans, nulle décision politique sérieuse n’a été prise pour résoudre, une bonne fois pour toutes, un drame affectant des millions de personnes. Or ici, décider est tout : “Les décisions ne s’obtiennent pas du fait de discourir à leur sujet, mais du fait qu’est créée une situation et que sont appliquées des dispositions, au sein desquelles la décision est inéluctable et où toute tentative pour l’éluder revient en fait à la décision la plus grave.” (Martin Heidegger).

     

    Xavier Raufer (Le nouvel Economiste, 11 avril 2014)

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  • Revue Conflits : le grand dessein de Poutine...

    Le premier numéro de la revue Conflits, dirigée par Pascal Gauchon et consacrée à la géopolitique vient de sortir en kiosque. Une belle initiative à soutenir !

     

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    Présentation de la revue Conflits

    Pourquoi une nouvelle revue de géopolitique ?

    La géopolitique est à la mode. Peut-être trop. Peut-elle échapper au règne de l’immédiat et à la superficialité ?

    C’est ce que nous espérons faire à Conflits. Nous entendons apporter une réflexion de fond sur cette discipline qui constitue d’une certaine façon la culture générale de notre époque, ce qui nous permet d’avoir un regard synthétique sur le monde.

    Pour cela nous voulons faire de Conflits le carrefour de toutes les géopolitiques, celle des universitaires, celle des militaires, celle des hauts fonctionnaires, celle des entreprises, car la géopolitique ne se réduit pas aux relations entre Etats.

    Le « manifeste pour une géopolitique critique » que nous définissons dans le premier numéro fixe nos principes d’analyse :

    - géopolitique du temps long qui se méfie des émotions immédiates,

    - géopolitique du terrain qui assume ses liens de filiation avec la géographie,

    - géopolitique globale qui étudie l’ensemble des forces à l’œuvre, politiques, économiques, sociales ou culturelles,

    - géopolitique réaliste qui se méfie des bons sentiments,

    - géopolitique du soupçon qui cherche à déceler les intérêts à l’œuvre derrière les discours…

    Principes fondateurs : Fondée sur des principes solides, Conflits n’est cependant pas une revue destinée aux seuls spécialistes. Nous entendons attirer à la géopolitique non seulement les étudiants, mais aussi le grand public averti. Notre présentation en témoigne, mais aussi l’originalité de beaucoup de nos rubriques : « grande stratégie» qui présente la géopolitique d’un Empire ancien, «géopolitique fiction » qui imagine l’avenir à partir d’un événement possible (pour ce numéro, la tentative d’annexion de Taiwan par la Chine), « tourisme géopolitique» qui présente une grande ville sous l’angle de son rayonnement et de sa puissance, « polémique » qui défend une thèse inattendue voire paradoxale à laquelle nos lecteurs peuvent réagir sur notre site Internet.

    Conflits présente ainsi un visage original et attrayant de la géopolitique. Elle entend démontrer que la géopolitique est partout (une rubrique qui apparaîtra dès le numéro 2), que partout le rapport de forces structure l’espace, de la maison familiale à la Lune en passant par les stades comme par les musées. C’est une autre façon de voir le monde que nous proposons à nos lecteurs.

    L'équipe de Conflits:

    L’équipe des rédacteurs comprend une quinzaine d’auteurs permanents, pour la plupart jeunes enseignants auxquels s’ajoutent des militaires et des cadres d’entreprise. La moyenne d’âge de ce «noyau dur » est de 34 ans. Ils partagent la même conception de la géopolitique et sont en relation permanente. Plusieurs articles sont le fruit d’un véritable travail d’équipe, ainsi la chronologie qui figure au début de la revue.

    Conflits fait par ailleurs appel à des spécialistes pour des articles précis et interrogent des personnalités reconnues de la géopolitique.

    C’est ainsi qu’interviennent dans le numéro 1 Yves Lacoste, « père de la géopolitique » française, François Godement, spécialiste de la Chine, Pascal Marchand, spécialiste de la Russie, Xavier Raufer, spécialiste de la criminalité internationale, Pascal Lorot qui a popularisé la notion de «géoéconomie » ou Christian Harbulot, créateur de l’Ecole de guerre économique.

     

    Au sommaire du numéro 1 :

    Editorial

    Actualité 

    Enjeux

    Entretien. Yves Lacoste

    Polémique. Barack Obama, un grand président ! par Thomas Snégaroff

    Portrait. L’inconnue Xi-Jinping par François Godement

    Afghanistan. Les Américains ont-ils mieux réussi que les Russes ? par Mériadec Raffray

    Afrique. Guerres ethniques ou guerres religieuses ? par Mathieu Lhours

     

    Histoire et prospective

    Grande stratégie. La géopolitique des Chevaliers Teutoniques par Sylvain Gouguenheim

    Bataille. Koulikovo : la Russie sort du bois par Pierre Royer

     

    Encarté

    Dossier

    Eurasie. L’Europe doit-elle regarder à l’est ?

    Lu, vu, entendu, visité

    Le nouvel ordre américain

    Livres

    Revues, colloques, sites

    Cinéma, séries, jeux

     

    Géotourisme. Berlin et la nouvelle puissance allemande par Thierry Buron

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